La Familia grande

Camille Kouchner, Seuil 2021                     5/5

Un récit pudique et digne d’une enfance particulière au sein d’un milieu de la gauche intellectuelle libertaire dans les années 1980. L’auteure n’est pas une écrivaine et c’est bien ainsi car la chronologie un peu décousue ajoute à la spontanéité des faits narrés parfois sans filtre. Celle qui parle est alternativement la petite fille élevée dans une famille aimante bien que sans règles autres que celle de l’excellence, l’adolescente q ui souffre de l’absence de cadre, l’adulte qui ne peut surmonter la culpabilité née de son silence ancien. Tout cela sur fond de suicides dans la branche maternelle et d’absence du père, remplacé par un beau-père d’autant plus nuisible qu’il est éblouissant de charme et ô combien influent.

Aucun esprit de vengeance dans ce récit sobre d’un forfait qui devrait être imprescriptible.